"Mémoire de matière"
Le fil conducteur de mon travail est depuis toujours la mémoire, que je m'efforce de faire resurgir au travers de ma peinture.
Pendant plusieurs années, les fenêtres, ouvertures sur le passé, traits d'union entre hier et aujourd'hui, ont été le support unique de ma peinture; puis, lentement, une autre trace du passé s'est imposé à moi, celle de la rouille sur le métal, témoin du temps qui passe.
J'interviens peu, laissant plus parler la corrosion du métal que l'huile : la peinture alors s'adapte - ocre rouge, ocre jaune, orangé, terre d'ombre… - et l'image se fixe… telle une trace.
La corrosion parle, raconte : des histoires de femmes, de métiers, de nature…
Ainsi, comme la mémoire, l'image renaît, toujours vivante ; nous voilà alors confrontés avec un passé, mémoire collective sublimée que nous retraçons selon nos espoirs et que nous ne pouvons ignorer. |