Une fête foraine. Des cris,des rires, un brouhaha continu. Et puis, derrière une vitre, de jeunes chiots, jouets d'une réalité immobile. Vivants jusqu'à en être saisissants de vérité. Mais ce ne sont que de simples peluches. Toutes à se presser les unes contre les autres, dressant la truffe vers quelque enfant compréhensif. La photo est prise de telle façon qu'on ne voit bientôt plus que le chiot le plus éloigné, son œil surtout, cet œil droit rehaussé d'un accent comme une cicatrice, qui implore le passant. A faire fondre le cœur de n'importe quel gosse cette peluche comme il en existe des millions, peluche fabriquée aux antipodes pour trois francs six sous, peluche à l'œil noir presque humide.
A vous émouvoir tout à coup, ou bien à vous dégoûter de la fête qui bat son plein. Les manèges, la barbe à papa, toute une vie bruyante et trépidante pendant que là, derrière la vitre, des chiots qui ne japperont jamais et ne connaîtront pas l'ivresse de courir dans le vent, attendent, sans bouger un poil, un Père Noël, un enfant joueur...
Une œuvre d'aujourd'hui
vue par Virginie Nielsen - Miroir de l'Art #16
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