Plonger dans l’atelier c’est m’envelopper de silence.
Les noirs d’argiles brûlées, les ocres jaunes et rouges sur lesquelles s’étendent des zones d’ombres, mémoire fossile de la flamme, c’est l’élargissement du champ de ma création, de ma recherche, sans compromis, guidée par une volonté poétique.
C’est dans ce processus que m’est apparût l’évidence du rapport de l’ombre et de la lumière.
Les différentes textures d’argiles que j’utilise dynamisent la luminosité de la matière.
L’argile par une légère brûlure de flamme augmente en intensité sombre selon le grain de la matière, au gré des cuissons successives.
En travaillant sur des formats plus grands la respiration s’amplifie offrant, je l’espère un espace d’émotion plus à même de restituer aux regards ce que je perçois d’indicible et, que je désir faire partager.
« Vois l’ombre de la mer/l’onde/ que la lune tourmente
Et qui traîne des monts sur sa forme dormante
Les monts coulent toujours
Dans leur ombre. »
Paul Valéry
Olivia Chagué
Taintrux décembre 2006 |